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70ème anniversaire de l’incendie de Thauvenay par les troupes nazies

Le discours du Maire  

La fin du printemps et le début de l’été 1944 marque le début de la déroute ennemie, c’est la débâcle et la folie meurtrière voulue et organisée. Partout en France les forces Françaises Libres harcellent l’ennemi, le haut commandement nazi ordonne à ses troupes d’utiliser tous les moyens pour écraser les résistances et maîtriser la situation.
Les nazis détruisent et perpétuent les pires crimes et horreurs, de sang froid, pour l’exemple, pour faire peur, pour terroriser.

Ce dimanche 25 juin 1944, en début d’après midi un petit détachement allemand, venant de Cosne, qui avait déjà arrêté trois hommes sur son chemin, s’arrête pour contrôler les jeunes qui se trouvaient là derrière moi prés du peuplier. L’un de ces jeunes gens prend peur et tente de se cacher. Un soldat allemand abat alors froidement Robert et Maurice Mollet, blessant leur jeune frère. 

Ces jeunes gens sans défense n’avaient commis pour tout crime que d’être là.
Et ce n’est que le début, car un allemand, accompagné par Germaine Mollet arrive à la maison d’Henri Lesage. Un supposé résistant, caché justement dans cette maison, abat cet allemand.
Alors là la fureur se déchaîne.
Les jeunes gens arrêtés sont descendus du camion allemand et emmenés dans le parc. Du renfort est demandé par radio à Cosne et bientôt c’est une colonne de camions qui arrive chargée de plaques incendiaires au phosphore et de grenades incendiaires.
Le Maire du village, Paul de Choulot eut la présence d’esprit d’appeler la commandanture de Bourges pour les informer de ce qu’il se passait et leur demander de faire arrêter ce massacre ?
Les témoins nous ont rapporté la folie et la fureur qui s’empare des allemands, leur puissance bestiale ; ils rient, ils boivent, ils tirent dans tous les sens, ils arrêtent ceux qui ne sont pas cachés ou qui n’ont pas eu le temps de le faire.
Ils fusillent dans le parc du château les trois jeunes hommes qu’ils avaient arrêtés sur la route :

Ils fusillent en même temps le jeune Roland Doucet qui, venant de Vinon, s’était arrêté pour aider à éteindre les incendies.
Encore quatre hommes assassinés !
Ces soldats ne se contentent pas de les fusiller, ils s’acharnent sur leurs corps déjà morts, les défigurent à coup de bottes et de crosses de fusils. Ils assassinent un enfant le petit Raymond Voyement, en arrosant de rafales de mitraillettes les portes et fenêtres du château où les enfants de l’école avait été mis à l’abri.
Ils mettent le feu au village, maison par maison, utilisant les plaques incendiaires au phosphore prévues à cet effet et qu’ils avaient fait transporter par leurs futures victimes.
Le village brûle, l’incendie est considérable, plus de cinquante bâtiments sont déjà en feu, une énorme colonne de fumée se voit à des kilomètres. Les pompiers de Sancerre accourent mais sont chassés par les soldats.
Quand ils s’apprêtent à mettre le feu au château, l’ordre de la kommandantur de Bourges de stopper toute cette horreur, arrive enfin.
Heureusement car ces hommes avaient manifestement l’intention d’aller jusqu’au bout du travail.

Le bilan est lourd, très lourd : 7 morts, 3 blessés, 18 prisonniers dont 9 seront déportés. Les familles sont anéanties elles sont meurtries dans leurs chairs, nombreuses ont tout perdu.
Tout cela est prémédité.
- il y a eu les chefs qui ont donné l’ordre,
- il y a eu les soldats qui ont exécuté ces crimes 15 jours après le drame d’Oradour sur Glane, la veille du drame de Dun les Places, et 1 mois avant celui de Maillé.
Durant ce seul mois de juin 1944 les historiens recensent sur le territoire près de 70 exactions, pas un jour sans multiples actes de terreur.
Nous enfants de Thauvenay, nous sommes tous les frères, les amis, des victimes, nous devons perpétuer le souvenir,
Nous pensons à toutes ces familles si cruellement frappées, aux survivants, à ceux voisins et amis qui étaient là et ont partagés la douleur.
Il est d’autant plus important de se souvenir que déjà la troisième génération d’hommes et de femmes arrivent. Cette génération ne peut imaginer à quel point les forces du mal peuvent pousser l’homme à ordonner et exécuter de telles atrocités

 

Aujourd’hui les stigmates du drame de Thauvenay sont effacés, Thauvenay est un village charmant où il fait bon vivre Nous avons voulu partager notre histoire en mettant à votre disposition ces panneaux retraçant les évènements. Un de ces panneaux est consacré aux victimes, un autre vous parlera du village et les plans renvoient à une série de photos après l’incendie ; elles sont disposées dans les rues.
Il y a aussi un dernier panneau très important, celui qui se trouve à ma gauche et qui retrace l’histoire de Lucien Maillard, un homme d’exception résistant engagé dès la première heure et que le destin funeste amena à Thauvenay.

Benoit de Choulot



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